Supplément au tome 6 Scolytidae (Mise à jour C. Schott, 8/12/2006)
Les espèces nouvelles pour la région sont précédées du numéro d'ordre FHL
Scolytus
carpini Ratz., qui n'est observé que sporadiquement
chez nous, comme d'ailleurs dans toute son aire de répartition,
a été repris au printemps 1994,
sous l'écorce d'une bille de charme en forêt communale d'Oberhergheim
(68) par D. Adam (ONF), et un peu plus tard au Herrenwald (67), 30-VII-1994,
3 ex. sur des branchages de charme fraîchement coupés (Callot).
Scolytus laevis Chapuis, qui n'était connu
de la région que par
une capture du début du siècle (signalée par une note
en page 14 du catalogue), a été obtenu en nombre à deux
reprises de la forêt communale de Sewen (68), éclos de branches
d'orme de montagne, le 14-IV-1989 et le 22-V-1995. Communication personnelle
de B. Schmeltz
(ONF) qui nous en a adressé un bel échantillonnage.
Une deuxième station pour Phthorophloeus spinulosus Rey:
Champ du Feu (67) à 1000 m, VII-2000, restes de 3 ex. sous l'écorce
d'une branche d'épicéa gisant au sol (Schott). Ce Scolyte est
certainement rare dans la région; sa recherche a parfois presque tourné à l'obsession
et sans grands résultats, comme on peut le voir.
Phloeotribus caucasicus Reitter 1891, espèce
orientale connue depuis peu également
d'Allemagne du Sud-Ouest, a été découvert le 30-V-1994
par H.J. Callot au battage de branchages de frêne dans une coupe en
forêt
de Hindisheim (67), forêt où de nombreuses nidifications ont
pu être
observées le 18-VI-1994 (Schott-Callot). Pour la description de son
système
de galeries et des particularités morphologiques qui permettent de
le distinguer de Phloeotribus scaraboides Bernard, voir "Trois
Coléoptères
Scolytides nouveaux pour la faune de France observés en Alsace (Xyleborus
peregrinus Eggers, Lymantor aceris Lindemann, Phloeotribus
caucasicus Reitter)" par
C. Schott et H. J. Callot. Bull. Soc. Ent. Mulhouse, 1994, 67-70.
Hylurgops glabratus Zett. Sorel avait pris également cette rare espèce au Gazon du Faing (68-88)), 22-VI-1975.
Une capture supplémentaire de Dendroctonus micans (Kug.):
Orbey (68), Forêt Domaniale des Deux Lacs, 19-VIII-2000, 1 ex. dans la
base d'un épicéa
brisé par le vent (Schott). Décidément rare dans la
région;
on espère toujours trouver cet arbre ravagé par l'espèce,
décrit et reproduit dans la littérature, truffé de galeries
et dégoulinant de résine.
Carphoborus minimus (F.) semble bien installé dans
le Haut-Rhin. Il a pu être largement confirmé des forêts
sèches de la
Hardt et même ponctuellement d'un bosquet du piémont: Forêt
de Rothleible, secteurs de Hirtzfelden (68) et Réguisheim (68), 4-VIII-2000,
2+3 ex. dans l'écorce fine de troncs et de branches de pin sylvestre;
Forêt d'Oberhergheim (68), VI et IX-2000, II-2001, 10+34+40 ex., dans
des branchettes de pin noir d'Autriche; Forêt de Roggenhouse (68),
4-VIII-2000, 2 ex. dans le pin sylvestre; Rouffach (68), Bollenberg, XII-2000,
12 ex. dans
le pin sylvestre (Schott).
91 20 02 Crypturgus hispidulus Thomson
que nous avions laissé en réserve,
existe bien en Alsace. Espèce proche de C. pusillus (Gyll.),
mais plus grande en moyenne, à stries élytrales plus régulièrement
et plus fortement ponctuées et à pubescence des interstries
nette, forte et présente quasiment sur l'ensemble des élytres
(non confinée à la
partie postérieure comme chez pusillus). Rencontrée
surtout sur l'épicéa, dans les Vosges en altitude ou dans le nord de
la région:
La Petite Pierre (67), VII-1986, nombreux ex.; Dossenheim-sur-Zinsel (67),
Johannisthal, III-1993, nombreux ex.; Stosswihr (68), vers le Col de la Schlucht,
VII-1993,
5 ex.; id., Hirschsteine, VII-2000, 8 ex.; Grandfontaine (67), Donon, VII-1993,
2 ex.; Engenthal (67), Schneeberg, IX-1993, 3 ex.; Eguelshardt (57), Waldeck,
III-1993, 6 ex. (Schott).
Signalée également d'Allemagne proche, du Pays de Bade et du
Palatinat.
Lymantor aceris Lindemann a été pris à Hirtzfelden (68),
15-V-2002, 1 ex. (Schmeltz). Il s’agit de la deuxième donnée
pour la région.
91 23 04 Thamnurgus varipes Eichhoff.
Alerté par un collègue (Laclos)
qui s'étonnait de l'absence de cette espèce de notre catalogue,
nous avons entrepris dès juin 2000 la surveillance de quelques colonies
d'Euphorbia amygdaloides, l'euphorbe des bois, sa plante-hôte
principale, dans quelques stations forestières ensoleillées
du Bas-Rhin. Dans l'une d'elles, Oberhaslach (67), Forêt de Haslach,
des trous d'entrée
caractéristiques et des nidifications déjà avancées
avec des larves de belle taille ont été observés dès
fin- juin et des adultes immatures fin-juillet (Schott).
Comme indiqué par Laclos, l'espèce recherche les plantes les
plus vigoureuses, surtout celles des lisières et des bords de chemins.
Elle pond dans les tiges fleuries et le développement larvaire, qui
se fait surtout au détriment de la moelle, n'entraîne pas, comme
chez T.
kaltenbachi Bach sur La germandrée (Teucrium), la formation
de galles et le dépérissement de la partie de la plante située
au dessus. Après la nymphose, les immatures encore très pâles, à peine
durcis, sont déjà très actifs et effectuent sans relâche
des repas de maturation. A ce stade on les observe dévorant les parties
ligneuses fines de la tige proches du canal médullaire et, plus curieusement,
les bourrelets de latex secs qui se sont formés autour des trous d'entrée
et près d'anciennes blessures de la tige. La coloration brun-noir
définitive
n'est atteinte le plus souvent qu'au bout de trois ou quatre semaines.
Comme c'est probablement également le cas chez kaltenbachi, les générations
de varipes se recoupent: des individus frais en maturation sont déjà présents
dans les tiges en juillet-août alors que l'ancienne génération
continue de creuser des nidifications dans des tiges vertes (Schott, Callot).
91 24 01a Dryocoetes hectographus Reitter
est, pour ne citer que Balachowsky, “une relique glaciaire réfugiée
en France comme en Europe centrale dans les hautes pessières spontanées
entre 800-1200 m".
Il était signalé des Alpes et des Pyrénées. Nous
l'avons trouvé également dans les Hautes-Vosges Cristallines,
précisément
dans la zone des aires naturelles probables de l'épicéa, entre 1000
et 1200 m: Col de la Schulcht (68), sous le Spitzenfels dans le petit cirque
des
Hirschsteine, 6 et 8-VII-2000, 16 ex.; Le Bonhomme (68), Col du Louchpach,
11-VIII-2000, 2 ex.; Orbey (68), Forêt Domaniale des Deux Lacs, 19-VIII-2000,
9 ex. (Schott).
Dans la première station, D. hectographus nidifiait seul
dans un court tronçon (3 m) de cime brisée gisant dans un sous-bois
dense et obscure. Dans les autres, les arbres presque complets tombés
dans des trouées forestières étaient majoritairement
investis par D. autographus Ratzeburg, espèce assez commune
dans la région,
en plaine comme en altitude.
91 29 05 Pityophthorus carniolicus Wichmann n'était connu jusqu'ici que
du sud de l'Europe moyenne, Yougoslavie, Moravie, Bohème, Slovaquie, Autriche,
Suisse, Allemagne (Bavière et Pays de Bade).
Le premier exemplaire de cette espèce a été pris dans
la région en juin 2000, de très nombreux autres ultérieurement
en septembre 2000 et février 2001 en lisière de la forêt
d'Oberhergheim (68). Il ont été pris chaque fois en compagnie
de
P. pubescens (Marsh.) et Carphoborus minimus (F.), dans
le pin noir d'Autriche, précisément dans des branchettes d'un à et
de deux ans de grandes branches maîtresses brisées par la tempête
de décembre
1999, mais restées accrochées en hauteur sur leurs arbres.
Privées
de sève, elles ont pu être colonisées dès le printemps
2000 (Schott).
Les galeries larvaires de carniolicus sont creusées le plus
souvent dans l'épaisseur même de l'écorce contrairement à celle
de pubescens qui sont sous-corticales et entament sensiblement le
bois. Carphoborus
minimus qui prend le relais en amont dans les branchettes de deux à trois
ans, creuse lui son système de galeries entièrement dans le
bois, le face inférieure de l'écorce n'étant pas ou
à peine touchée.
Plus loin, dans les parties plus fortes des branches, nidifiaient Pityogenes
quadridens (Hartig), P. bidentatus (Hbst), P. trepanatus (Nördl.) et Orthotomicus
erosus (Woll.).
La parcelle concernée est un boisement clairsemé de pins noirs
d'Autriche et de chênes dominant une fruticée dense en voie
de colonisation par le robinier. Elle a été fortement sinistrée
par la tempête:
la quasi-totalité des pins, des arbres de près d'un siècle
d'âge, a été couchée ou brisée par la
tempête.
Voir "Pityophthorus carniolicus Wichmann, 1910 Coléoptère
Scolytidae nouveau pour la France par C. Schott. Bull. Soc. Ent. Mulhouse,
2000, 54, 55.
Pityogenes trepanatus (Nördlinger) n'était
connu de la région
que par un exemplaire unique de Matt, du Scharrach à Dahlenheim (67).
Il a été confirmé de cet endroit les 4 et 29-VII-2000,
9 ex. ainsi que d'une station proche, en forêt de Westhoffen (67),
30-VI-2000, 1 ex., chaque fois dans le pin noir d'Autriche. Il a été trouvé également
dans le Haut-Rhin en forêt de d'Oberhergheim (68), 4-VIII-2000, 2 ex.,
15-IX-2000, 6 ex., toujours dans la même essence (Schott).
Orthotomicus proximus (Eichh.) a été repris
en Forêt de la
Harth Nord: Rumersheim-le-Haut (68), 13-VIII-2000, >100 ex. "prêts à sortir",
sous l'écorce fine vers le haut du tronc de quelques pins sylvestres
abandonnés
au soleil le long de la départementale 47 (Schott). Voir " Détermination
des Orthotomicus de France (Coleoptera, Scolytidae) par Claude Schott.
Bull. Soc. Ent. Mulhouse, 2002, 4-6. Cette espèce a également été reconfirmée du Bas-Rhin, de la Forêt de Haguenau, Schweighouse-sur-Moder, 20-V-2006, 45 ex. dans le pin, sous l'écorce épaisse d''un morceau de tronc et sous l'écorce fine de grosses branches (Schott).
91 34 04 Orthotomicus erosus Woll. a été pris
dans des forêts
sèches et chaudes de la plaine haut-rhinoise: Hirtzfelden (68), Forêt
de Rothleible, 4-VIII-2000, 15 ex. immatures en loge sous l'écorce
fine d'un tronc de pin sylvestre; Forêt d'Oberhergheim (68), 4-VIII-2000,
15-IX-2000, 25-II-2001, 2+8+8 ex. sous l'écorce de branches et de
troncs de pin noir d'Autriche abattus par le vent (Schott).
Il était bien indiqué "très commun dans toute la France" par
Balachowsky mais sans aucune indication précise pour l'Est au-delà du
Bassin de la Seine. Signalé de Suisse, mais jusqu'ici pas d'Allemagne.
Voir " Détermination des Orthotomicus de France (Coleoptera, Scolytidae)
par Claude Schott. Bull. Soc. Ent. Mulhouse, 2002, 4-6.
Ips cembrae (Heer) n'était connu que par un ex. de Matt, de Moselle limitrophe,
capture d'un secteur proche de scieries que nous avions même été tenté de
prendre pour accidentelle. Depuis l'inspection de nombreux mélèzes
sinistrés par la tempête de 1999 nous a permis de lever le doute
et de le confirmer également des deux département alsaciens. Il
semble bien établi dans les Vosges au Nord de la région à faible
altitude, mais n'a été trouvé jusqu'ici dans le Haut-Rhin
que localement , dans une station forestière des contreforts vosgiens,
juste au-dessus de la limite du vignoble.
Nouvelles données: Wimmenau (67), Forêt Domaniale d'Ingwiller,
8 et 12-VI-2001; Erckartswiller (67), Forêt de la Petite Pierre Sud,
12-IV-2001; Engenthal (67), Obersteigen, 6-V-2001; Forêt Domaniale de Westhalten
(68), 13
et 26-I-2201; chaque fois dans de larges trouées (jamais sur des
arbres tombés en sous-bois), nidifiant en nombre surtout vers le
haut du tronc et à la base de grosses branches (Schott).
Cette espèce est répandue surtout dans les aires naturelles du
mélèze, des Alpes à la Laponie, de la Suède
au Japon et s'acclimate progressivement dans les plantations artificielles
(Schedl).
Le Scolyte qui figure sous le nom de Xyleborus peregrinus EGGERS, 1944, dans les tables de Pfeffer – et donc dans le tome 6 de notre série de catalogues –, est en réalité Xyleborus bodoanus REITTER, 1913 (= X. punctulatus KURENZOV, 1948). Tel est le résultat de la diagnose de Michail Yu. Mandeltshtam, de Saint Pétersbourg, taxonomiste spécialisé dans les Scolytidae qui m’a alerté après avoir vu les clichés de cette espèce sur mon site et qui a examiné depuis un échantillonnage de mes exemplaires de la région.
Nous savions déjà par une publication de Carolus Holzschuh, de 1994, que l’unique exemplaire décrit par Eggers sous le nom de X. peregrinus n’était en fait qu’une femelle de X. saxeseni (RATZ.), femelle présentant une granulation du deuxième interstrie exceptionnellement forte au niveau de la déclivité.
Il restait à savoir qui se cachait derrière ce taxon manifestement erroné; voilà, c’est chose faite.
Mandelshtam précise que « Xyleborus bodoanus est une espèce de l’extrême est de la Russie, de la Chine et de la Corée, introduite en Europe et aux Etats-Unis.
Se développant surtout sur Quercus mongolica dans son aire d’origine, elle n’aura eu aucune difficulté à s’adapter à nos espèces locales en particulier à Quercus robur. »
Jusqu’ici à sa connaissance la donnée alsacienne de 1960 demeure la plus ancienne connue pour l’Europe occidentale.
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